Extrait du
Sud Ouest du 4 Juin
La triste nouvelle est tombée à la cité scolaire Alcide-Dusolier, de Nontron, mardi, pour la reprise des cours après le long week-end de Pentecôte. Élise Chabanne, jeune enseignante de mathématiques et de sciences physiques dans l'établissement, était sur la liste des passagers qui ont embarqué sur le vol AF 447 Rio-Paris, qui a disparu lundi, au large du Brésil.
La jeune femme de 26 ans, native de Saint-Projet-Saint-Constant en Charente, où vivent ses parents, était partie au Brésil avec son compagnon, Sébastien David, commercial de l'entreprise CGED, qui avait offert ce séjour à leurs meilleurs commerciaux.
Dans son établissement scolaire de Nontron, où elle était arrivée cette année, professeurs et élèves sont encore bouleversés.
« Nous l'avons appris mardi. C'était un choc pour ses collègues enseignants, mais notre première préoccupation a été de gérer la réaction des élèves, d'autant que les BEP avaient un examen de mathématiques ce jour-là. Nous avons attendu la fin des épreuves pour le leur annoncer », raconte Marlène Poyer, proviseur d'Alcide-Dusolier.
Élise Chabanne enseignait aux élèves de BEP de cet établissement qui réunit collège et lycée, mais aussi à des élèves de 3e pour des modules de découverte de 6 heures. Elle était par ailleurs professeur principale d'une classe de 4e.
Mardi, à l'annonce de la nouvelle, beaucoup de ses élèves se sont effondrés en larmes. « C'était une bonne professeur de mathématiques. Elle était gentille, on pouvait discuter avec elle. Elle nous écoutait beaucoup », confie d'une petite voix une élève de 4e 2.
Dès mardi, une cellule d'écoute psychologique a été mise en place à Alcide-Dusolier, à destination des professeurs, élèves et personnel.
Élise Chabanne était arrivée à Nontron à la dernière rentrée. Elle avait auparavant été en poste en région parisienne. Cette nomination dans l'académie de Bordeaux était une manière de se rapprocher de son compagnon qui travaillait à Artigues-près-Bordeaux. Si l'enseignante était logée dans l'établissement nontronnais, le couple avait acquis une maison à Mombrier, en Gironde, et Élise espérait une mutation plus proche dans quelques années.
Dans la communauté enseignante, tous parlent d'une personne agréable, qui avait tissé des liens en peu de temps.
« C'était le rayon de soleil des salles de classes et des équipes pédagogiques. Elle était toujours de bonne humeur, très investie. Elle avait le sens du travail en équipe », résume une professeur de lettres et anglais proche d'Élise. « Nous étions trois nouvelles cette année. Ça nous avait rapprochées, poursuit une professeur d'histoire-géographie. Élise était la comparse des rigolades. Elle avait beaucoup d'humour. Elle était sérieuse sans se prendre au sérieux. »
Le blog pour lui rendre hommage
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